Pour Isis, Loïc et Emmanuelle
Je tiens à remercier chaleureusement les poètes et musiciens de l’album qui sont tous des « Légendes » à mes yeux !
Merci à David Murphy, Gilles Laporte, Monique Giroux, Michel Robitaille, Mélanie Fuller, Bruno Desjarlais, Marthe Lévesque, Michèle Lalonde, Claude Champagne, Pierre-Luc Durand, Lise Raymond, Lise Blanchard et Olivier Ménard, pour leur générosité, leur appui et leur précieuse implication!
Merci également au Conseil des arts et des lettres du Québec de son appui financier.
Merci à David Murphy, Gilles Laporte, Monique Giroux, Michel Robitaille, Mélanie Fuller, Bruno Desjarlais, Marthe Lévesque, Michèle Lalonde, Claude Champagne, Pierre-Luc Durand, Lise Raymond, Lise Blanchard et Olivier Ménard, pour leur générosité, leur appui et leur précieuse implication!
Merci également au Conseil des arts et des lettres du Québec de son appui financier.
LÉGENDES D'UN PEUPLE - TOME 1
_Réalisation, arrangements : Hugo Perreault & Alexandre Belliard
Production : Alexandre Belliard / Les Disques Gavroche Direction artistique : Alexandre Belliard Édition : David Murphy & Cie Prise de son, mixage : Hugo Perreault / studiogrosseroche.com Matriçage : Marc Thériault / Le Lab Mastering Prise de son piano : Claude Champagne / David Brodeur Pochette : Alexandre Belliard Photos d'Alexandre Belliard sur le site: Michel Parent et Louis Étienne Doré |
CRÉDITS
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_1) St-Denis (Louis Fréchette / Alexandre Belliard)
A. Belliard : voix, chœurs Hugo Perreault : Guitare Richard Séguin : chœurs Philippe Brault : contrebasse Guido Del Fabbro : violon 2) Callières – La Grande Paix de Montréal (A. Belliard) A. Belliard : voix Hugo Perreault : guitares Éric Goulet : piano Philippe Brault : contrebasse Richard Séguin : guimbarde 3) Je sais que tu sais (Joséphine Bacon / A. Belliard) A. Belliard : voix, chœurs Hugo Perreault : basse, guitares, percussions Richard Séguin : choeurs, teueikan Joséphine Bacon : poème Éric Goulet : piano Philippe Brault : contrebasse archet 4) Papineau (A. Belliard) A. Belliard : voix, chœurs Hugo Perreault : guitare, banjo Philippe Brault : contrebasse 5) Les Paspéyas (Willaim Chapman / A. Belliard) A. Belliard : chœurs Hugo Perreault : guitares Philippe Brault : contrebasse Guido Del Fabbro : violon 6) En un seul peuple Rapaillé (A. Belliard) A. Belliard : voix Hugo Perreault : guitare Philippe Brault : contrebasse Guido Del Fabbro : violon |
__7) Quelque chose comme un grand peuple – René Lévesque
(A. Belliard) A. Belliard : voix, chœurs Philippe Bault : Basse. Hugo Perreault : guitares, piano, percussions Richard Séguin : choeurs, teueikan. 8) À la baie d'Hudson –Pierre Le Moyne d'Iberville (Louis-Fréchette / A. Belliard) A. Belliard : voix Hugo Perreault : guitares Philippe Brault : contrebasse Guido Del Fabbro : violon 9) Le marin (François-Xavier Garneau / A. Belliard) A. Belliard : voix Hugo Perreault : guitare Éric Goulet : piano Richard Séguin : choeurs 10) Marie Rollet (A. Belliard) A. Belliard : voix Hugo Perreault : guitare, chœurs Éric Goulet : piano 11) La prise de parole (Michèle Lalonde / A. Belliard) A. Belliard : voix Hugo Perreault : guitare, dobro, mélodica, percussions Richard Séguin : kalimba, harmonica, teueikan |
_LES TEXTES, LES MUSIQUES...
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_ST-DENIS
(Louis Fréchette) Un jour après avoir longtemps courbé le front Le peuple se leva pour venger son affront Et puis finalement remporter la victoire On croit rêver devant cette page d’histoire À songer que ces gens, sans chefs, mal équipés Fiers revendicateurs de leurs droits usurpés Dans leur révolte sainte et leur courage austère Osaient braver ainsi la puissante Angleterre Oh… à Saint-Denis Oh… à Saint-Denis Mais la force et l’audace au nombre suppléant, La lutte fut épique et le combat géant Dans les folles clameurs et les trombes de fer Le village assiégé grondait comme un enfer C’étaient eux les soldats - chose incompréhensible - Qui pour un tir fatal semblaient servir de cible Impossible! Et bientôt, tout le long de la route On vit s’enfuir au loin les Anglais en déroute --- CALLIÈRES - La Grande Paix de Montréal (1701) (Alexandre Belliard) J’ai quitté mon pays Tel marin en partance Pour gagner Fort-Ville-Marie En terre de Nouvelle-France Et de ma nouvelle patrie Ses arbres et ses rivières Et ses nations premières Qui m’auront tout appris De ces arpents de neige J’ai combattu les Anglais Aux côtés de Frontenac J’ai repris où il laissait À son dernier bivouac Puis j’ai été ingénieur Diplomate, militaire J’ai été médiateur Louis-Hector Callières Gouverneur en ces arpents de neige Sur la berge du fleuve Se posent mille canots Tous les peuples comme un seul pour autant d’idéaux Pour apaiser l’horreur De ces guerres centenaires Tous les clans sur l’honneur Un traité, une trêve Grande-Paix en ces arpents de neige Et si je rêve aujourd’hui D’une nation prospère J’ai le coeur bien rempli De ces arbres, ces rivières À jamais en ces arpents de neige --- JE SAIS QUE TU SAIS (Joséphine Bacon) Tu es ici en conquérant de ma terre Tu m’emprisonnes dans ma terre Tu me prives de mon identité Tu me prives de mon territoire Tu m’enchaînes dans des réserves que tu as créées Tu veux être maître de mon esprit Qui suis-je, tu ne me connais pas Tu m’appelles Montagnais, Tu m’appelles cris Tu m’appelles tête de boule Tu m’appelles Algonquin, Tu m’appelles Naskapi Tu m’appelles Abénaquis Tu m’appelles Micmac Tu m’appelles Huron Tu m’appelles Iroquois Tu ne me regardes pas Tu ne me vois pas Tu ne m’entends pas Tu ne m’écoutes pas Tu ne me parles pas Tu ne sais pas mes légendes Tu ne connais pas mon histoire N’attends pas que je me fâche telle une tornade n’attends pas que je me libère de mes chaînes Tu ne me regardes pas Tu ne me vois pas Tu ne m’entends pas Tu ne m’écoutes pas Tu ne me connais pas --- PAPINEAU (Alexandre Belliard) Je suis d’un parti Patriote d’une voix qui frappe et frappe aux portes d’un parlement outre-Atlantique d’une monarchie toute britannique quatre-vingt-douze résolutions sans aucune considération pour seule réponse outre les armes Victoria nous envoie Durham je suis Patriote en exil d’un peuple que l’on maintient fragile poudre à canon, Acte d’Union ce jusqu’à l’assimilation mais ne reviendrai-je jamais en ce pays qui m’est si cher si l’indépendance n’est pas faite c’est qu’elle sera toujours à faire j’ai du quitter miens et patrie fuir car ma tête est mise à prix par tous les Colborne, les Gosford Tories et autres Doric Club pour ne pas finir en prison comme autant de mes compagnons sacrifiés au pied d’un courrant qui n’empotera jamais leur sang Je pense à toi Charles Hindelang Je pense à Narcisse Cardinal Je pense à toi Charles Sanguinet J’ pense à François-Xavier Hamelin Je pense à toi Joseph Duquette Je pense à Théophile Decoigne Je pense à toi Joseph Robert Je pense à toi Amable Daunais Je pense à toi Rémi Narbonne Je pense à Ambroise Sanguinet Je pense à François Nicolas Je pense à toi Marie-Thomas De Lorimier --- LES PASPÉYAS (William Chapman) Paspébiac s’éveille. – À peine l’aube glisse Ses premières lueurs sur l’infini mouvant, Que l’un des vieux pêcheurs du faubourg déjà hisse Sa voilure ondoyante au souffle âpre du vent. Un groupe de vaillants s’en va jeter les lignes Au mitan de la Baie où mord le poisson franc. Les voiles au lointain semblent des vols de cygnes Traînant l’ombre de leurs ailes sur le flot blanc. Soudain un bruit de chaîne arrive à notre oreille... Le vieil éclaireur vient de jeter le grappin Et l’on tire à foison de la vague profonde Les voraces haddocks aux nageoires d’argent. Battant la marche à toute une blanche flottille Qui cingle, alertement, le cap sur le soleil. Et, lorsque midi luit sur l’onde moutonneuse La flottille gaîment revient au barachois. Leur coeur constamment flotte entre l’onde et la terre. En labourant le sol si calme des aïeux À chaque aube nouvelle, ils partent pour la pêche ; Tous les soirs, dans les prés que Dieu seul irrigua, Ils mouillent de sueur la faucille ou la bêche, Et bien rares pour eux sont les jours de dégrat. Battant la marche à toute une blanche flottille Qui cingle, alertement, le cap sur le soleil. Leurs nerfs d’acier les fait triompher des tempêtes ; À nul de ces pêcheurs le suet n’est fatal ; Une longue vieillesse auréole leurs têtes. Tous s’éteignent tournés vers le grand Banc natal. Battant la marche à toute une blanche flottille Qui cingle, alertement, le cap sur le soleil. --- QUELQUE CHOSE COMME UN GRAND PEUPLE – René Lévesque (Alexandre Belliard) J’ai appris des champs de bataille Et des visages de ceux qui luttent Et de leur cœur tout le courage Puisé à même ce qu’ils croient juste Puis j’ai foncé tout droit devant Comme ceux qui avancent en sachant qu’ils ne seront plus jamais les mêmes pour ce qu’ils défendent et ceux qu’ils aiment En rêvant pour la première fois de quelque chose comme un grand peuple Combattant jusqu’à la prochaine fois Jusqu’à la naissance d’un grand peuple Et j’ai porté les espérances Jusqu’à l’aube de mon pays J’ai vu poindre la délivrance En un seul mot, en chaque oui Attendez… que je me rappelle de Gaulle se ralliant à nos cris et 76 comme un poème et des combats de toute une vie En rêvant pour la première fois de quelque chose comme un grand peuple Combattant jusqu’à la prochaine fois Jusqu’à la naissance d’un grand peuple En rêvant d’une prochaine fois de quelque chose comme un grand peuple Combattant pour une ultime fois Et l’indépendance d’un grand peuple --- |
_EN UN SEUL PEUPLE RAPAILLÉ
(Alexandre Belliard) Nous sommes en pays de Miron De Premières-Nations, d’outre-mer Des hommes qui pour lui lutteront Nous sommes en pays de nos mères Nous sommes pays de main tendue Vers l’avenir, vers l’inconnu les enfants naissent d’une terre Dont le fruit n’est plus défendu Nous sommes pays d’eau et de vent De ciel d’été, de ciel de neige Son Coeur foyer, tison ardent Toujours battant, souffle les braises Nous sommes pays que l’on se donne Avec les mains, avec le coeur Depuis des siècles, on le façonne Dans le courage et la sueur Nous sommes pays chargé d’espoirs Où le canon est dérisoire la liberté est à portée Des voix qui osent la réclamer Nous sommes pays de vastes frontières Cheval de bois, cheval de fer Canots d’écorce tressés de rêves et Vaisseaux d’or sur les rivières Nous sommes en pays boréal En son printemps inachevé Un beau grand pays épormyable En un seul peuple rapaillé --- À LA BAIE D’HUDSON - D’Iberville (Louis Fréchette) Dans la rafale, au loin, la neige à flot pressée Roule sur le désert ses tourbillons glacés L’horrible giboulée aveugle; le froid mord; La nuit s’approche aussi – la sombre nuit du Nord Des voyageurs là-bas, affrontent la bourrasque L’ombre les enveloppe et le brouillard les masque Ils vont, toujours traçant leur immortel sillon Au pôle, s’il le faut, planter leur pavillon Il fallait étouffer les oursons au repaire Et d’Iberville, un fort que rien ne désespère Avec cent compagnons armés jusqu’aux dents Malgré la saison rude et ses grands froids mordants À travers des milliers d’obstacles fantastiques Avait pris le chemin des régions arctiques Pour reprendre à l’Anglais ces postes importants Il fallait prévenir les secours du printemps Sans un sentier battu, sans guide, dans jalons Ils franchirent les monts, les ravins, les vallons Précipice ou torrent, forêt ou fondrière Rien ne peut entraver leur course aventurière Les canots sur l’épaule et les raquettes aux pieds Ces fiers coureurs des bois, ces chasseurs, ces troupiers Semblaient, dans les brouillards de ce ciel nébuleux Les fantômes errants d’un monde fabuleux Puis le verglas fangeux, que le printemps fait fondre Change en marais glacé la route qui s’effondre Nul ne recule un jour dans un torrent qui gronde D’Iberville lui-même est englouti sous l’onde Il s’échappe, mais deux braves sont noyés Plus tard quand le héros rentra dans ses foyers Il avait arraché trois forts à l’Angleterre Conquit toute une zone, et sur mer et sur terre. --- LE MARIN (François-Xavier Garneau) La nuit est noire et le ciel sans étoiles ; Le vent mugit et frappe, en vain, nos voiles Que durcissent les frimas. De la tempête augmente la furie; La mer blanchit le navire qui crie, C’en est fait, nous coulons bas! Adieu patrie ! adieu, plus d’espérance. Adieu ma femme et ma chère Clémence, Vous ne me reverrez pas. Vous m’attendez à cette heure peut-être, Et vous croyez toujours me voir paraître Froid et couvert de frimas. Au cap lointain vacille une lumière... Mais le vaisseau brisé sombre à l’arrière, Tous s’élancent dans les mâts. Tout disparut sous la vague profonde; Et le marin qui luttait contre l’onde Répétait encore tout bas: Vous ne me reverrez pas. --- MARIE ROLLET - Québec 1617 (Alexandre Belliard) Embarquée à Honfleur sur un voilier géant avec Louis Hébert, avec vos trois enfants tu as troqué Paris pour la rude Amérique ses espaces infinis aux confins de l’Arctique Une famille s’enracine enfin en Nouvelle-France Tu es à l’origine de neuves espérances Et en bien des manières, tu fus partout première Marie Rollet « Pionnière… de nos pionnières » comme le disait Champlain Marie Rollet avant de labourer, ne serait-ce qu’une parcelle construire une cabane grande comme une nacelle défricher de tes mains la terre encore sauvage partout te rendre utile, le front toujours en nage et même après la mort de ton mari tu restes la mort qui frappe encore, Marie Rollet tu restes Le sol devenu anglais Marie Rollet tu restes ce pays est en toi, et c’est toi qui le fais tant à fouler ce sol, qu’à prodiguer des soins tant à faire l’école, qu’à t’occuper des tiens --- |